Archive pour la catégorie ‘tribune libre’

L’esclavage des enfants en Côte d’Ivoire pour l’Industrie chocolatière

Excellente émission que celle proposée par « Investigations » sur France O intitulée « Afrique Terre convoitée ». Après un reportage effectué dans plusieurs pays d’Afrique, montrant la conquête économique des Chinois sur ceux-ci, c’est en Côte d’Ivoire : 1er producteur de Cacao au monde que les journalistes d’ »Investigations » ont enquêté. Depuis déjà plus de 10 ans, le travail d’enfants de 6 à 10 ans est déjà dénoncé par les organisations humanitaires et les journalistes.

Face à cette situation, « Investigations » a enquêté dans les exploitations productrices de cacao pour voir si la situation avait évolué. Malheureusement, presque rien n’a encore été fait : De jeunes enfants continuent à être exploités à casser les cosses de cacao, à transporter de lourdes charges, se blessant souvent gravement avec leurs machettes… On en « importe » même du pays voisin le Burkina Faso, ce qui s’apparente fort à des enlèvements…

Après avoir refusé les interviews des journalistes, les firmes concernées ont progressivement dû les recevoir et se rendre à l’évidence, confrontés aux vidéos prises sur le terrain. Ils ont bien-sûr joué l’étonnement et l’indignation promettant de s’attacher au problème….

Pourtant, c’est bien pour eux et leurs profits que ces enfants travaillent : Mis en cause depuis de nombreuses années, les industries chocolatières avaient pourtant promis de faire des actions humanitaires au profit de ces enfants afin qu’ils puissent aller à l’école : Plus de 10 ans après, les enquêteurs ont pu leur démontrer, vidéo en main, que soit les écoles promises n’avaient pas été construites, soit qu’elles n’étaient pas terminées ou délabrées …et qu’il n’y avait donc eu aucun suivi des projets humanitaires promis. Quant à ces jeunes enfants, ils continuent à travailler en esclaves, les petits producteurs n’ayant toujours pas assez de rentrées financières pour faire vivre correctement leurs familles.

Jusqu’à quand, accepterons-nous cet état de fait sans protester et sanctionner les coupables, à savoir les industries chocolatières ?. C’es pourtant le pouvoir de nos gouvernants et de nous-mêmes simples consommateurs de ces produits non éthiques

Les alternatives à l’incarcération : où en sommes-nous ?

Les alternatives à l’incarcération : où en sommes-nous ?

Constat : Il y a 70% de récidivistes parmi les « sortants de prison » et environ 50% chez ceux passés par une peine alternative… Les prisons sont aujourd’hui saturées avec une fréquentation du double au triple des cellules…

En 2009, la ministre de la justice Rachida Dati propose des peines alternatives. En 2012, Christiane TAUBIRA récidive en proposant un aménagement des peines en raison « du surpeuplement carcéral »

La mise en oeuvre s’avère toutefois plus compliquée que prévu. Ces alternatives selon la loi ne sont permises que pour des peines inférieures à 2 ans de prison ferme.

Par manque de personnel pour les mettre en place et assurer les contrôles indispensables, il y a plus de 6 mois d’attente …mais aussi et surtout la peur des victimes qu’il y ait des dysfonctionnements puisque leur agresseur est en liberté.
Ainsi, en France, il n’y a pas moins aujourd’hui de 90 000 personnes en attente d’application desdites peines.

Quelles sont elles ? : les bracelets électroniques, la semi-liberté, le TIG (travail d’intérêt général » sans salaire )

Au delà de la mise en place individualisée desdites peines, l’exécution pose aussi problème. Il faut en effet l’accord non seulement de l’employeur mais aussi des salariés pour accepter un condamné parmi eux. Dans les faits, seules acceptent et encore avec réticence des petites structures souvent associatives qui ont peu d’heures à proposer… De plus les fraudes sont fréquentes (fausses entreprises, fausses adresses, (souvent adresses de sociétés de domiciliation, faux contrats de travail pour les TIG)

Les bracelets électroniques ont été conçus pour ne pas exclure le condamné de la société environnante.. qui peut ainsi vaquer à ses occupations notamment professionnelles sur des horaires et des circuits prédéterminés. En France, plus de 10 000 condamnés le portent (doublement en 5 ans). Ils reviennent aussi beaucoup moins chers à l’Etat : soit 12€/jour (83€/jour pour un prisonnier)

Le système est lourd à maîtriser et contrôler puisqu’il manque cruellement de conseillers pénitentiaires pour s’assurer du suivi et contrôler le bon
fonctionnement des alarmes régulièrement. Du coup, de nouveaux délits voient le jour (cambriolages, trafic de stupéfiants…). Chaque conseiller pénitentiaire canadien a 30 condamnés à surveiller alors qu’en France chacun d’entre eux en a environ 150…)

Suivons donc attentivement la piste de la réforme Taubira prévue pour le 14 Avril pour voir si des moyens supplémentaires-notamment en personnel- seront accordés pour développer les peines de substitution…dans de meilleures conditions.

Patrice Louaisel

Préparer la mise en œuvre d’ateliers philosophiques dans le cadre de l’enseignement péri-scolaire

À l’approche des élections municipales des 23 et 30 mars prochains, notre association culturelle, le « Cercle Philosophique Réunionnais », souhaite informer les candidats à ce scrutin mais aussi l’ensemble des citoyens qu’elle a rencontré le 11 juillet 2013 Monsieur le Recteur de l’Académie de La Réunion pour évoquer avec lui la possibilité de faire avancer l’enseignement de la philosophie dans les écoles primaires du pays, comme le préconise l’UNESCO. Monsieur Thierry Terret nous a informé que la réforme de l’Éducation nationale lancée par le ministre Vincent Peillon pourrait être une opportunité à ce sujet, en particulier dans le cadre de l’enseignement péri-scolaire.

Suite à cet entretien très positif avec Monsieur le Recteur, nous avons eu deux rencontres également très constructives à ce sujet — le 18 septembre 2013 et le 30 janvier 2014 — avec des responsables du Rectorat en charge du projet. Ils nous ont conseillé de prendre contact avec l’ensemble des maires de La Réunion et de leur faire part de nos propositions.

Cela pourrait donc se faire dans les prochains mois, dans le cadre d’échanges avec les différentes municipalités sur les mesures à prendre pour animer des ateliers philosophiques dans le cadre de l’action péri-éducative menée par les communes à partir de la prochaine année scolaire, dont la rentrée est prévue le 22 août 2014. En effet, il est indispensable de montrer aux enfants qu’il est à la fois important et possible de réfléchir par soi-même et avec les autres pour cultiver « l’amour de la sagesse » (la philosophie), construire leur avenir de façon libre et responsable, se poser des questions sur le sens qu’ils veulent donner à leur vie et à notre vivre ensemble…

D’où cette information, ces suggestions et propositions avant les élections à venir, afin que ce projet puisse être réalisé au plus vite et au mieux, pour faire vivre toujours davantage la philosophie à La Réunion. N’est-ce pas une question de bon sens ?

Jean Viracaoundin,
Président du Cercle Philosophique Réunionnais

Squat de kiosques d’agrément : il est urgent d’intervenir …

Squat de kiosques : il est urgent d’intervenir …

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Pour l’I.R.T et les responsables de grosses structures hôtelières, un seul objectif : faire venir des touristes « hauts de gamme » à la Réunion et donc construire des hôtels 4 à 5 étoiles pour les accueillir… Depuis des décennies, un argent fou est consacré à écumer tous les salons allemands et suisses pour tenter de les faire venir : Or, rien n’est prêt pour les accueillir : hormis à la réception des grands hôtels, aucune connaissance des langues, aucun bureau de change dans les zones touristiques et refus systématique des devises hors euros etc, etc…

A se demander si la construction de ces grands hôtels n’est pas en fait qu’un alibi pour toucher

les subventions consacrées au développement touristique avant de transformer comme à St Gilles et ailleurs ces structures en meublés de tourisme …

Tout l’argent consacré au développement touristique ne profite donc que trop peu au développement des petites structures… Et bien-sûr aucun effort n’est fait pour développer campings et caravanings pour ceux-touristes et locaux- qui n’ont pas les moyens de s’offrir des hébergements de luxe et sont la grande majorité de nos visiteurs et des locaux.

On a d’abord tenté de fermer les dernières structures existantes-laissées volontairement à l’abandon pour le justifier- comme par exemple le camping de l’Etang Salé, avant de constater qu’i y avait de plus en plus de camping sauvage en bord de mer avec les désagréments que l’on connait. D’où réaménagement récent du camping de La Saline.

Or, on connait l’engouement des réunionnais pour les sorties pique-nique… l’ONF a d’ailleurs fait des efforts colossaux pour aménager depuis quelques années ses sites bien

équipés et fort agréables. Le problème est qu’aujourd’hui, ils deviennent impraticables.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que faute de campings installés dans les demi-hauts, les kiosques

normalement prévus pour les pique-niqueurs et les randonneurs sont de plus en plus squattés

durant toutes les vacances et dorénavant des week-ends complets par des groupes installant

leurs tentes, faisant des feux, rentrant leurs véhicules sur les aires gazonnées, cassant les bois environnant pour se faire du feu, et se servant de la nature pour leurs déjections. … Et tout cela de façon totalement illégale puisqu’à ma connaissance, les kiosques construits pour l’agrément des pique-niqueurs ne sont pas prévus pour en faire des terrains de camping sauvage.

Il suffirait pourtant que des agents agrémentés de la police et/ou de l’ONF fassent respecter la loi-par exemple à Takamaka et en forêt de l’Etang Salé- en faisant une petite ronde le vendredi, le samedi en fin d’après midi ou pendant les vacances pour avertir, et si récidive verbaliser les contrevenants.

Nous remercions donc les maires d’oeuvrer pour des terrains de camping aménagés à mi-hauteur et de veiller à ce que nos magnifiques kiosques ne soient pas squattés illégalement

au détriment de tous.

Un groupe de pique niqueurs

Le scandale du prix des médicaments en France-après enquête- Emission « Pièces à conviction » de France 3

Le scandale du prix des médicaments en France

Très intéressant reportage que celui réalisé par France 3 dans sa nouvelle émission : « Pièces à conviction » avec comme question : « Pourquoi les médicaments sont ils plus chers en France que dans les pays voisins, aggravant dès lors le trou déjà béant du déficit de la sécurité sociale ? »

Le trou de la sécurité sociale est évalué à 158 milliards d’euros. La France est le plus gros consommateur de médicaments d’Europe.
Prenons l’exemple du PLAVIX : un des médicaments les plus vendus, fabriqué par SANOFI, qui est un anti-coagulant ayant pour mission de fluidifier le sang. : la même boite-pour un mois- coûte 37€ en France, 18 € en Italie. C’est le médicament qui coûte le plus cher à la CGSS.

Principale solution pour faire reculer le déficit de la CGSS : faire baisser le prix des médicaments. Pourquoi ne pas prendre exemple sur nos voisins ? 1, 5 milliard d’euros d’économies pourrait alors être rapidement réalisé.

Serge RADER est un ancien pharmacien. Il a comparé médicament par médicament les prix pratiqués en France et en Italie et estime qu’on pourrait économiser 10 milliards en 3 ans.
Claudio Jommi (Italien) dans son enquête remarque que dans 72 % des cas les prix des médicaments italiens sont inférieurs à ceux des français. Depuis 2006, l’Italie s’est attachée à réduire ses dépenses de santé. Ainsi, ont-ils forcé les laboratoires à baisser leurs prix, parvenant ainsi à maîtriser leurs dépenses de santé. Lire la suite de cette entrée »

NOUVEAU MAGAZINE MENSUEL T.V ” Tout peut changer” sur FRANCE 3 avec Laurent BAZIN ( Lundi 7/10) Aujourd’hui, le gaspillage alimentaire ..

NOUVEAU MAGAZINE MENSUEL T.V ” Tout peut changer” sur FRANCE 3 avec Laurent BAZIN ( Lundi 7/10) Aujourd’hui, le gaspillage alimentaire ..
11 octobre 2013 by patrice

On estime que le tiers de ce qui est produit dans le monde est gaspillé… En France 18 millions de tonnes de nourriture, soit 400 €/pers/an

Le producteur, le distributeur, le consommateur gaspillent. Pourquoi ?

Les bonnes raisons du gaspillage”

Pour des raisons sanitaires et sécuritaires, il y a sur les produits des dates de péremption. Au rayon charcuterie de certains magasins, on enlève 3 jours avant pour donner une “image fraîcheur” à l’enseigne. On estime à 750 000 tonnes/an de marchandises jetées par les supermarchés français. Quelques rares d’entre eux proposent des “soldes” rassemblées au même endroit du magasin et vendues beaucoup moins chers que les clients les moins fortunés s’arrachent.

Depuis 1985 figure sur les produits frais une DLC (date limite de Consommation). Il est important de ne pas trop attendre pour les consommer car les germes se développent d’où maux de ventre et intoxications

En 2004, l’Union Européenne décide que le producteur devient responsable de la qualité de son produit. Ce n’est donc plus la loi mais le producteur qui décide de la DLC. Le personnel de fabrication est alors équipé (charlottes, masques, blouses…) et on fait appel le plus souvent à un laboratoire spécialisé pour valider la décision du service “contrôle qualité” de l’entreprise.

Par prudence, on jette-notamment les produits frais- dès la DLC…

A noter que de façon inexplicable, il y a 3 à 4 mois d’écart de DLC entre la Métropole et les DOM/TOM. Le plus souvent sur les yaourts la DLC est de 36 jours en Métropole et de 55 jours dans les DOM. Les progrès techniques (fabrication/conservation) ont permis de repousser les DLC de 60 jours. En fait, une DLC à 30 jours permet de vendre plus,, de consommer plus, de gaspiller plus…

Les grandes surfaces mais surtout l’Union Européenne-depuis 1962- sont en grande partie responsables de ce gaspillage : normes rigides de taille, de poids, de volume : les produits doivent être comparables en poids, volume, couleur… Les non-conformes sont rejetés… Lire la suite de cette entrée »

Pour une société plus humaine et plus solidaire où on ne parle plus d’argent et de profit : le S.E.L « Système d’Echange local » !

Depuis toujours les sociétés se sont organisées autour d’échanges divers, la forme la plus simple étant le TROC : tu repeins ma cuisine, je répare ta voiture…

L’introduction de la monnaie, plus facile d’emploi, plus anonyme aussi détrôna vite ce moyen d’échange. Pourtant le système monétaire, s’il a un côté pratique, a aussi ses défauts. En effet, si la monnaie a été inventée pour favoriser les échanges, elle les empêche aussi souvent. Dans cette période de crise économique, nombreuses sont les personnes qui par manque d’argent, ne peuvent plus échanger.

C’est plus particulièrement le cas des chômeurs, éremistes, étudiants, ou retraités. De plus, ce système a été peu à peu détourné de sa vocation initiale puisqu’il sert de moins en moins aux échanges. En effet, selon les chiffres publiés par la Banque Mondiale, seulement 5 % de la monnaie existante dans le monde est utilisée pour des échanges réels… Les 95 % restant étant utilisés uniquement à des fins spéculatives.

Inventés sous leur forme actuelle, dans les années 80 par le canadien Michael LINTON, les L.E.T.S (Local Exchange Trading System), S.E.L.S en français se sont développés dans de nombreux pays, alimentés par la crise économique qui sévit et s’amplifie partout. La France s’y est mise en 1994, la Réunion en 1996. En 5 ans, plus de 400 S.E.L.S se sont crées sur l’ensemble du territoire français. Leur création part d’une constatation évidente : il n’y a pas forcément besoin d’argent pour échanger.

Ensuite, le principe est simple, le S.E.L. met en relation demandeurs et offreurs d’objets, de services ou de connaissances grâce à des annonces diffusées par un bulletin interne. Quand une annonce intéresse quelqu’un, il s’arrange avec l’offreur ou le demandeur, sur la valeur (en grains de sel pour nous) du service ou du bien échangé puis chacun remplit un coupon d’échange qui permettra au “Trésorier en grains de sel” d’augmenter ou de diminuer du montant de l’échange “le compte” de l’offreur ou du demandeur. Lire la suite de cette entrée »

l’avenir de notre planete en question

« Vu du ciel » : une émission basique de FR 3 pour une première prise de conscience écologique »

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Diffusée sur FR3 hier 2/09/2012, un dimanche après-midi, il y a déjà un certain progrès des chaînes TV pour faire partager au grand public un message important : celui de l’impact de notre consommation de pays riches sur les pays producteurs fournisseurs généralement pauvres.

Dès le début, on nous rappelle que tout ce que nous consommons provient de la nature, que presque tous nos achats ont un impact sur une nature que notre surconsommation bouleverse, que nous consommons de plus en plus et gaspillons beaucoup trop.

Pour commencer à illustrer ce que quelques « éclairés » savent déjà, le réalisateur de l’émission va prendre l’exemple du coltane, ce minerai indispensable au fonctionnement de nos portables dont un nouveau modèle sort tous les 4 jours dans le monde.

Le Japon produit 15 % des richesses mondiales. Dans ce pays, on dépense pour la publicité plus de 400 milliards d’euros afin de nous pousser à consommer toujours davantage. Résultat : ce pays a dépassé
désormais les USA en nombre de télévisions, réfrigérateurs etc…

Pour faire tourner cette hyperconsommation, 700 000 brevets sont déposés dans le monde annuellement.

Le coltane en République Démocratique du Congo :

Dans ce pays sévit une guerre civile qui a déjà fait 15 millions de morts. Pour financer cette guerre et acheter des armes, les rebelles gèrent un minerai : le coltane, indispensable au fonctionnement de nos portables. Ici même les enfants travaillent pour son exploitation au lieu d’aller à l’école. Pour survivre, ils tamisent la rivière pour récupérer le précieux minerai. La RDC fournit 70 % des réserves mondiales et est 2 à 3 fois plus rentable que l’or (valeur : 50 000 €/kg)
Des mineurs tentent de l’extraire de mines non sécurisées à plus de 50 m sous terre mettant quotidiennement leur vie en danger pour gagner moins de 3 €/jour. Le minerai permet aux rebelles de se fournir en armes.. Il est broyé, concassé, séché et écrasé. Acheté 50 € le kg au départ de l’atelier, il est revendu 1 000 fois plus cher, soit 50 000 € sur les marchés financiers.

Pour le récupérer, les rebelles ses sont installés dans un parc national, condamnant du même coup gorilles et chimpanzés qui l’occupaient et qui sont désormais en voie d’extinction, car ils sont tués par les braconniers et chasseurs.

Aujourd’hui, 2 personnes sur 3 disposent dans le monde d’un portable.
Nous sommes donc pratiquement tous responsables de cette exploitation.

L’exemple du thon rouge, fruit de la surpêche

Le thon rouge est aujourd’hui gravement menacé par la pêche industrielle. En en consommant, nous précipitons sa disparition.

A près de 8 milliards d’humains dans le monde, nous consommons toujours trop, raison pour laquelle 2 % des pêcheurs réalisent aujourd’hui plus de la moitié des prises. C’est ainsi que les réserves en pélagiques s’épuisent, la consommation augmentant constamment. Il est urgent de comprendre que pour que les petits pêcheurs continuent à vivre, il est aujourd’hui indispensable de préserver l’espèce, de lui laisser le temps de se reproduire et de se développer.

L’exemple des jeans

On en produit aujourd’hui 90 millions/an en France pour nos besoins.
On évalue à 65 000 kms, le parcours effectué de sa production à sa vente dans nos rayons ce qui génère par son transport l’utilisation de beaucoup d’énergie et de production de gaz à effet de serre.

Pour en fabriquer un, on utilise 18 composants en provenance de 12 pays.

Le processus commence par la production intensive de coton. Celle-ci
a été multipliée par 4 en 20 ans à grand renfort de pesticides. Alors que le coton est principalement produit en Afrique, on évalue à 25 000 litres d’eau, le besoin de ce liquide pour produire un jean.

C’est le plus souvent au Pakistan, en Italie ou en Tunisie, qu’il est filé puis teint pour un salaire ne dépassant pas 150 €/mois dans ce dernier pays.

La mode est de surcroit au jeans délavé : pour le rendre « tendance », on le vieillit artificiellement et on le déchire. Pour se faire, il faut du chlore et du permanganate de potassium. Ces produits sont bien entendu nocifs pour les ouvriers et l’environnement car ils polluent par leurs rejets cours d’eau et nappes phréatiques, générant de surcroit une importante mortalité des poissons. Pou produire un jeans, il faut un litre de pesticide et 25 litres de pétrole.

Pour ceux qui ne pourraient pas se passer de cet uniforme, conseillons leur d’utiliser de préférence du coton biologique et d’aller dans les friperies…

La production intensive de viande

Il est noté que plus un pays devient riche, plus il produit et consomme de viande. Aujourd’hui dans les élevages généralement intensifs, les vaches sont parquées dans des box minuscules, ne voient généralement pas le jour, piétinent leurs excréments, prennent ainsi rapidement du poids et tombent tout naturellement malades.

Pour éviter des pertes massives, on rajoute à leurs aliments et en grande quantité des antibiotiques qu’en bout de chaine, nous consommons sans même le savoir.

Pour les nourrir, on produit intensivement du soja. Afin de le cultiver, on détruit progressivement le poumon de la planète : la forêt amazonienne, en particulier, le Brésil étant le 2e producteur mondial
de soja. Aujourd’hui la demande mondiale de soja explose.

Les Américains et Européens en particulier doivent comprendre d’urgence qu’ils ne peuvent continuer à détruire la forêt amazonienne.
C’est ainsi que les exploitants continuent à raser cette forêt après avoir racheté leur terre pour une bouchée de pains aux misérables petits paysans locaux, sans même fournir de travail aux populations de la région, l’agriculture intensive étant très mécanisée. Là encore, on utilise d’immenses quantités d’eau, d’engrais chimiques et de pesticides. L’an dernier 26 000 km2 ont été dévastés soit I/3 de la superficie du Portugal.

Si on évalue la population mondiale à 9 milliards d’habitants en 2050,
on constate que le Japon est le plus grand importateur de produits alimentaires au monde. Là bas, on consomme tout le temps, jour et nuit, et on jette 3 fois plus que ce qui est produit dans le pays. Le gaspillage est énorme. Pour constituer un seul plateau repas par exemple, les aliments qui le composent ont fait 3 fois le tour de la terre. 135 000 sacs sont jetés-car rapidement périmés.

De façon générale, 1/4 de la nourriture produite dans le monde est jetée sans avoir été consommée. Parallèlement, ne serait ce qu’au Japon, la grande pauvreté touche 12 % de la population. (En France, nous en sommes à 8 millions ). Quelques supermarchés affirment avoir tenté de négocier avec les autorités sanitaires pour avoir le droit de faire profiter les plus pauvres de ces aliments en voie de péremption sans succès. Les enseignes de supermarchés préfèrent donner cette alimentation au bétail ou en faire de l’engrais.

Le marché aux fleurs de Tokyo

Sous nos latitudes, on adore se procurer des fleurs en plein hiver. Pour satisfaire cette consommation, 3 pays notamment : Kenya, Ethiopie et Colombie sont réquisitionnés.

D’où une hyper-concentration de serres. La rose par exemple rapporte plus de 400 millions d’euros/an.

Près d’ un grand centre de production kenyan, le niveau d’eau du lac voisin diminue constamment, sans compter que les eaux usées, utilisées pour les produire, sont rejetées dans celui-ci. Populations locales, troupeaux, oiseaux et tilapias boivent de l’eau contaminée par les engrais et pesticides. Les exploitations tentent par des barrières érigées sur ce lac de masquer les pompes d’évacuation…

Bien entendu, des employés les arrosent de pesticides à très hautes doses ingérant du même coup le produit. Les médecins locaux constatent tout naturellement des problèmes respiratoires, de vue et une baisse significative des défenses immunitaires pour ceux chargés de ce travail.

Une mer de déchets plastiques dans le Pacifique

Dans le Pacifique, il y a aujourd’hui autant de déchets plastiques que de plancton. Les côtes d’Hawaï- un petit paradis pourtant- sont recouvertes des débris de notre civilisation.. Depuis 1980, la production de plastique dépasse celle de l’acier. On en produit 250 millions de tonnes/an, or celui-ci n’est pas biodégradable.

C’est ainsi que des millions de tonnes de plastique flottent sur l’océan et plus les particules sont petites, plus elles piègent les pesticides. De nombreux poissons les ingèrent… Les sacs plastiques se logent dans les systèmes respiratoires des dauphins à moins que ceux-ci ne les avalent.

Les bébés albatros, les confondent avec des crevettes : 200 000 en sont morts l’an dernier, le ventre plein de plastique.

Les déchets informatiques

La Chine récupère un bon nombre d’ordinateurs usagers en provenance notamment des USA et d’Europe à des fins de recyclage. Or, la durée de vie d’un ordinateur est passée en 10 ans de 6 à 2 ans.

On en trie les composants pour tenter de les récupérer. La récupération de l’étain et même de l’or contenu dans les cartes électroniques ne manque pas de provoquer des vapeurs toxiques pour les ouvriers. Pour récupérer ces métaux précieux on utilise en effet des matériaux corrosifs.

Depuis l’arrivée de ces déchets électroniques, les médecins ont constaté une augmentation significative de maladies respiratoires telles que la tuberculose et de certaines formes de cancers ( foie, estomac, larynx notamment).

Si les pays consommateurs recyclaient eux-mêmes leurs déchets, celà couterait 10 fois plus cher…

Pourtant le commerce des déchets électroniques est illégal, mais les USA et le Japon n’ont pas ratifié l’interdiction de celui-ci. Quant à la Chine, la loi n’est pas appliquée.

4 000 tonnes de déchets sont jetés toutes les heures sur notre planète.
C’est aux pays occidentaux de gérer leurs propres déchets.

On constate par tout ces exemples que les conséquences de nos habitudes de consommation sont devenues planétaires. Il est plus que temps de réfléchir sur nos valeurs et de nous réinventer une autre façon de vivre ensemble. aimer, c’est créer, ce n’est pas consommer.

En coupant le lien avec notre environnement, nous menaçons notre survie. Il nous faut aujourd’hui imaginer une autre façon de consommer …

Aurions nous déjà oublié que tous les animaux dont nous constituons-parait-il- l’échelon supérieur ne prélèvent eux dans cette nature que ce dont ils ont strictement besoin ?

Après « Cash Investigation », « l’émission « Vu du ciel » de Yann Arthus Bertrand risque, elle aussi, de disparaitre… Des lobbies économiques que ce type d’information dérangeraient commercialement auraient ils fait pression
sur la chaîne pour interompre ce type d’émission. Dénonçons sans compter ce type de comportement qui ne fait pas honneur à notre humanité.

« Rendez-vous en terre inconnue » : une émission d’exception

“Rendez vous en terre inconnue” : une émission d’exception

Quel bonheur de se fondre enfin dans une émission toute d’authenticité, de simplicité, de valeurs humaines et de tendresse, comme celle-ci.

Le principe : un acteur français qui oublie sa notoriété pour épouser 3 semaines durant la vie d’une communauté isolée du monde, dans son quotidien, son humanité et sa simplicité.

La toute dernière émission vient d’être diffusée sur “France 2″ à 3h 20 du matin (heure Réunion). Ayant été profondément touché par la précédente qui se situait en Bolivie, à Uyuni en plein désert de sel, j’avais exceptionnellement mis mon réveil à sonner tant je ne voulais pas rater la suivante. Et, je ne fus pas déçu…

La scène se place en Mongolie. Un éleveur mongol a planté depuis longtemps ses yourtes en pleine steppe aride et montagneuse. Il y vit, seul avec sa femme et ses enfants à 20 kms de son plus proche voisin. Pour vivre, il élève des chevaux- (son père lui a offert un étalon pour féconder ses juments-) qu’il vend à “la ville” car ici, on se déplace à cheval. Il élève aussi des moutons qui lui permettent de se nourrir et de se vêtir grâce à leur laine et des brebis dont les poils sont à la source du fameux kashmir si apprécié.

La rencontre entre l’acteur et cet homme rude, élevé à la dure, comme il élève ses enfants,-”pour en faire des hommes”- est profonde, et authentique. Il y a un vrai partage et l’acteur accompagne et assiste son hôte dans tous ses actes quotidiens durant 3 semaines : il apprend à monter à cheval et à s’en occuper, à immobiliser les moutons pour les tondre, à se rendre au point d’eau le plus proche pour s’approvisionner et nourrir ses bêtes.

La relation devient intimiste -grâce à un traducteur- quand la confiance s’établit et que cet homme rude d’apparence se confie et raconte sa vie, ses espoirs et ses rêves, ses inquiétudes aussi.

Sa vie ? Heureuse alors qu’il est totalement isolé en pleine steppe et dure car il faut bosser dur au quotidien pour faire vivre sa petite famille.

Ses rêves ? Que ses fils continuent comme lui à vivre de la même façon avec ses chevaux et ses moutons

Ses craintes ? Qu’ils se laissent attirer par les mirages de la ville où tout n’est que misère,(car il n’y a bien sûr pas de travail) peur des agressions et individualisme … Même si ses plus proches voisins sont à 20 kms, il y a là une vraie solidarité basée sur la confiance et même l’occasion de festoyer avec eux en mesurant ses forces à travers des épreuves hippiques par exemple.

Une belle leçon de vie, avec une belle rencontre faite de simplicité, de complicité et de tendresse.

Quand nos médias locaux comprendront-ils que nous aimerions retrouver enfin la vraie vie où tout ne devrait être qu’harmonie, simplicité, tendresse en relation permanente avec une nature si belle et qui nous apporte tant à travers des émissions diffusées à des heures où nous puissions les regarder ?.

En tout cas, bravo au réalisateur qui nous propose enfin une émission, authentique, profonde, émouvante, pleine de chaleur humaine et porteuse de réflexion

Patrice LOUAISEL

« Lettre ouverte » du « Cercle Philosophique Réunionnais »

« Lettre ouverte » du « Cercle Philosophique Réunionnais »
aux candidats à l’élection présidentielle

Objet : Changement de regard politique pour une métamorphose culturelle, économique et sociale

Mesdames et Messieurs, en Novembre dernier, le Cercle Philosophique Réunionnais a publié un ouvrage collectif intitulé « Manifeste pour une pensée créole réunionnaise ». Cet ouvrage explique à quel point il serait intéressant de valoriser les atouts de l’interculturalité réunionnaise, une identité non pas en repli sur soi mais en croissance ouverte sur le monde, pour bâtir un développement humain de notre île et servir de modèle à une société française qui change.

Dans un contexte de crise aggravée, la focalisation sur les difficultés économiques et sociales est à la fois inévitable et invalidante. Les hommes et les femmes s’enferment au sein de leurs difficultés et le rebondissement socio-économique se fait difficile.
C’est pourquoi nous vous appelons à une conversion du regard sur les potentialités de notre île, si vous êtes élu à la tête de l’État. Il pourrait s’agir de ne plus considérer les réalités de notre île seulement en termes de difficultés et de noeuds problématiques (30% de la population active au chômage, de grandes difficulté d’accès au logement…) mais aussi comme un ensemble de potentialités immenses; des potentialités liées à un environnement géographique et à un contexte humain singuliers.

Cela consisterait à tirer parti des atouts de La Réunion, par tout un ensemble d’engagements. Il s’agit d’abord de valoriser la spécificité de l’identité culturelle réunionnaise, notamment d’un point de vue médiatique à La Réunion même mais aussi dans toute la République française et dans l’Union européenne, en cultivant ses forces dans tous les domaines : pensée créole réunionnaise, langue créole réunionnaise, histoire du peuple réunionnais, enseignement de la philosophie dès le plus jeune âge, comme le recommande l’UNESCO à tous les États membres de cette instance internationale.

Nous souhaitons aussi attirer votre attention sur le modèle du système éducatif à La Réunion. Dans l’une de nos contributions au « Manifeste pour une pensée créole réunionnaise », nous interpellons les collectivités sur la nécessaire prise en compte des spécificités culturelles et identitaires de La Réunion dans nos programmes éducatifs. Le trop peu d’attention accordé aux spécificités langagières, historiques et culturelles qui fondent et font nos particularités identitaires, n’est pas seulement une volonté d’ignorer l’essentiel de la base sur laquelle nous construisons nos représentations de notre île, mais illustre, de manière plus globale, un problème d’ordre politique. Un problème politique car nos écoles ne sont pas capables de mener les élèves à la réussite de manière égale et solidaire, pour les préparer à construire ensemble l’avenir de
leur pays de façon libre et responsable.

Sachant qu’il n’y a pas de développement endogène véritable sans initiatives, sans richesse collective et sans stimulation de la créativité des populations…, nous souhaiterions qu’il soit tiré parti davantage de nos initiatives solidaires en matière sociale ou économique, de nos créations littéraires et scientifiques. Pourquoi ne pas expérimenter ainsi, et comme le propose l’ADELROI, nos modèles de gouvernance au profit de la France entière ?

En vous remerciant d’avance de prendre ces engagements, nous vous adressons nous salutations cordiales.

Aude-Emmanuelle Hoareau,
présidente du Cercle Philosophique Réunionnais
audemhoa@yahoo.fr

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