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Petite Histoire du quartier du « Bas de la Rivière St Denis » avec Mr David Huet, historien et Ecrivain pour « les Amis de l’Histoire »

« Histoire du bas de la Rivière St Denis » avec Mr David Huet et Mr Patrice Dijoux

Une ville divisée en quartiers …

Pendant longtemps la ville de St Denis fut divisée en quartiers par ses habitants. Au cours des années 1930, il ne faisait pas bon lorsqu’on était un « étranger » de l’un ou de l’autre de ces lieux bien circonscrits de s’y aventurer. Sauf être prêts à affronter les « gabiers » qui se considéraient comme les défenseurs de ces portions de territoires. Une espèce de chasse gardée où la simple déambulation prenait des allures de provocation, surtout lorsque d’escortes jeunes filles s’y trouvaient. Il n’était alors pas rare que semblable témérité se payât ar de bonnes raclées, bien dissuasives.

Ces quartiers périphériques avaient pour noms : Lataniers, Camp Ozoux, Butor et pour ce qui nous intéresse ici, le Bas de la rivière avec une zone sensible, celle de la « petite ile ».

Tout comme aujourd’hui, cet espace était délimité par les remparts de la partie haute de l’agglomération principale, qui longe l’actuelle rue lucien Gasparin, le boulevard Lacaussade d’une part, la mer, le Cap Bernard et le lieu dit « La Colline » d’autre part.

Dans le même temps le centre de St Denis s’étendait entre la rue Dauphine, le Barachois et le Pont du Butor. Les zones de Chateau Morange, de la Providence, du verger Duparc et de Champ Fleuri étaient bien distinctes du reste et faisaient figure de « banlieue »

A St Denis, le quartier du Bas de la Rivière est l’un des plus anciens et a connu de par ses origines plusieurs sortes d’activités tant artisanales qu’industrielles. Pendant très longtemps, elle rassembla nombres de bâtiments, fabriques ou ateliers dont les vestiges subsistent de nos jours

Le premier jardin public de la ville

C’est au bas de la Rivière, à l’emplacement de l’actuel collège Reydellet que se trouvait le premier jardin public de la ville. A l’origine, le terrain appartenait à la Compagnie des Indes. Puis, il devint propriété du roi en 1764, avant d’être concédé sous l’occupation anglaise à un certain Telfair, lequel obtint aussi une portion de terrain située entre le canal des moulins et la rue de la boulangerie. Avide de biens, il acquit aussi, le 12 Juillet 1812, la partie située entre ce canal et le rempart. L’endroit était pauvre et souvent, en période de pluies, le canal débordait et inondait les alentours. La prise d’eau l’alimentant se trouvait à la hauteur du quai Est et de la route Digue., là où il y a aujourd’hui un petit restaurant. Cette prise d’eau a été supprimée, il n’ y a pas longtemps, et lors du cyclone Jenny elle a déversé un volume important dans la rue de la République actuelle. L’ancienne digue, elle, n’a pas résisté aux coups de boutoir que plus tard la furie des eaux du cyclone Hyacinthe lui a assénés. Elle fut rompue et dût être reconstruite. Mais le petit étang qui à l’époque existait en amont a depuis définitivement disparu pour laisser la place à un mince filet d’eau, dans lequel il serait vain d’essayer d’aller pêcher, les « mombrins » comme les marmailles le faisaient autrefois.

L’escalier  » ti quat sous »

Concernant ce même Telfair, propriétaire, on l’a déjà vu, de la plus grande partie des terrains situés sur ce secteur il faut croire qu’il était un homme qui recherchait le profit à tout prix. C’est ainsi qu’il aurait l’idée de faire payer le passage sur son terrain à toute personne désireuse d’utiliser l »escalier qui se trouve en face de l’actuelle rue Pasteur, permettant d’accéder au haut de la ville. La redevance qu’il exigea  » p’tit quat sous » car à l’époque, on comptait en petits et gros sous. Celà peut paraître dérisoire aujourd’hui, aussi, il est bon de rappeler que le petit sou qui valait cinq centimes et le gros sou, dix centimes, représentait déjà un sacrifice pour beaucoup de ceux dont la journée de travail n’était rémunérée qu’à un franc.

Celà dura jusqu’en 1928, année où le gouvernement français, déniant à un sujet britannique le droit de disposer de terres à la Réunion, mis en demeure de déguerpir, l’ayant-droit de Telfair, lequel n’était autre que Gilbert Demolières, qui plus tard sera maire de Saint Denis. Cependant une transaction interviendra le 13 Mai 1830 et les deux terrains resteront propriétés de Démolières.

Au pied de ce même escalier « Ti quat sous » se trouvait la « boulangerie du roi » laquelle utilisait du blé préparé par ce qui était alors appelé « les étuves » et occupait l’emplacement qui deviendra en 1886 le grand bazar avant d’être actuellement une vitrine de notre artisanat local.
Enfin, sur une placette restaurée il n’y a pas si longtemps se dressait déjà la charmante petite fontaine appelée « fontaine Tortue » laquelle a donné son nom à ce petit bout de quartier, ainsi qu’à une rue voisine. Une fontaine qui offre la particularité d’ouvrir son bâti et sa vasque façonnés dans du métal.

Pendant toute cette période de nombreuses fabriques vont fleurir le long du canal des moulins.
Il y aura notamment des tanneries qui longtemps, et surtout pendant toute la durée de la guerre 1939-1945 fourniront aux cordonniers de toute la Réunion le couir indispensable pour la confection des chaussures.

Le quartier du Bas de la Rivière est composé de deux parties situés de part et d’autre du lit de cette même rivière. Pendant longtemps, en période de pluie le franchissement de ce cours d’eau sera un handicap qui va contrarier les riverains. En effet, le premier pont qui permettait de passer d’une rive à l’autre était en bois et reposait sur des fûts de canon de récupération. Sa solidité laissait beaucoup à désirer et il s’effondra plusieurs fois lors de crues importantes. Aussi, la construction d’un autre ouvrage beaucoup plus solide fut décidée. Ce nouveau pont, subsiste encore de nos jours sous sa forme originelle. Il fut inauguré en 1913 par le gouverneur Garbit dont il porte le nom. Rénové récemment, c’est un des plus anciens du genre restant en service à la Réunion. A ce propos, il est assez regrettable que la petite plaque en cuivre qui rappelle cet évènement soit très peu visible là où elle se trouve placée.

Au bas de la Rivière, il y aura aussi en une période plus proche de nous, là où l’établissement SOREG s’est installé, une fabrique de chocolat. Le fondateur de cette petite entreprise était un certain Frédéric Adam de Villiers lequel était aussi un passionné de l’aviation naissante. Il fût surnommé « fou fou » en raison de sa témérité qui l’amena plus d’une fois à atterrir brutalement et un peu partout alors qu’il pilotait un des appareils de sa fabrication, si petit qu’on l’avait appelé « le pou du ciel ». Puis cette fabrique devint propriété de Mr Paul Chatel. Il convient de dire que ce chocolat qui avait pour nom ‘Chocolat le Meilleur » a longtemps fait le délice des petits et des grands. Une entreprise qui employait une dizaine de personnes mais qui dût cesser son activité » face à la concurrence du chocolat importé après la guerre. Près de ce même endroit, sont encore visibles actuellement des restes de machines et de générateurs d’une très ancienne usine, Eux aussi témoignent de ce passé.

Maintenant que l’on est arrivé dans les années 1900, il faut également rendre hommage aux hommes qui ont voulu que Saint Denis sorte du fénoir, ceux-là qui ont pensé à éclairer la ville autrement qu’avec de l’huile de coco, puis du pétrole alimentant les réverbères supportés par les fameux « poteaux fanals »

C’est en 1921 qu’une première usine de fourniture d’électricité, celle de Monsieur Baron, verra le jour au Bas de la Rivière, à peu près au même endroit où de nos jours se trouvent des installations de l’EDF. Certes, le courant produit était quelque peu faiblard et à l’origine peu de particuliers se feront raccorder. Puis au fur et à mesure et après que le nouveau propriétaire, Monsieur Rambaud « en aura augmenté les capacités les abonnés à l’électricité seront de plus en plus nombreux. En 1933 cette usine améliorée produire trois fois plus d’électricité qu’à ses débuts.

La première piscine de la Réunion

Et puisque nous sommes dans le secteur, restons-y pour ajouter que ce même Monsieur Rambaud est aussi à l’origine de la construction de la première et pendant longtemps seule piscine de la Réunion. Là où se trouvent les cours de tennis du B.O.T.C-piscine inaugurée en 1932 par son créateur et en présence de Mgr Mondon et du gouverneur Repiquet.

Une piscine que seule fréquentait la « gentry » car bien évidemment elle était payante et il fallait des tenues de bain adéquates pour y être admis. Aussi le petit peuple ne s’en approchait que pour se rincer l’oeil devant le spectacle des charmantes naïades qui s’y jetaient. Montés sur les murs ou perchés dans les branches des badamiers voisins, leurs sifflements d’admiration, n’étaient absolument pas feints. Puis, eux se dirigeaient vers l’eau limpide du « Bassin la Vierge » tout proche pour à leur tour goûter à la fraîcheur d’une baignade dans une eau non tarifée. Bassin la Vierge ainsi appelée à cause de la petite statue de la Vierge Marie protégée par une petite niche qui le surplombe. Bassin où certains jours se réunissait tout un groupe de laveuses de profession qui venaient frotter là les ballots de linge sale qui leur étaient confiés par leurs « pratiques ».

Le premier stade de football

Mais il y avait aussi autre chose qui se passait en cet endroit : le sport roi de cette époque, le football. En effet, là se trouvait aussi le « Stade Roland Garros ». Le seul qui pendant longtemps servit de terrain de rencontre pour les équipes locales tant dyonisiennes que des autres quartiers lorsqu’elle avaient la chance d’arriver en finale. « La coupe » comme on l’appelait se disputait alors toujours au stade Roland Garros. Et il y en eût d’épiques. Pourtant là également, bon nombre de spectateurs n’avaient pas à débourser un seul sou pour y assister.
Il leur suffisait d’arriver à temps pour s’accrocher tout en haut de la falaise entourant le site assister aux matchs sans avoir à payer.

Pour les amoureux des vieilles pierres il est bon de signaler la maison qui fait le coin de la rue de la République et du Pont, une bâtisse construite en 1832, toute en pierres taillées. En cette même rue du Pont, un peu avant le magasin SOMECA on peut toujours voir un tronçon du fameux canal des moulins dont le débouché est aussi visible sur la rue des Moulins avant l’immeuble Fleurié.

Plus loin, sur le côté droit de la rue de la Boulangerie; d’autres vieilles constructions confirment, s’il en était besoin, que cet endroit fut bien le berceau des premières activités de la ville. L’une des pus connue, qui servit de magasin d’intendance militaire à l’armée lors de la dernière guerre, est occupé par des services annexes de la Banque de la Réunion.

Au bout de cette rue de la boulangerie et sur la fin de la rue des Moulins subsistent des restes de deux culées du pont de chemin de fer sur lequel le petit train franchissait la rivière. Témoins de ce temps, cachées sous les herbes, les deux autres se trouvent en face et de l’autre côté. Enfin pour terminer avec le petit train il convient d’ajouter qu’il se dirigeait en pente douce vers le tunnel en passant devant la caserne Lambert d’un côté et le vieux cimetière de l’autre. Cette caserne, la seule de la Réunion pendant très longtemps, fut construite en 1848. Vingt deux ans plus tard, elle sera baptisée du nom du général Lambert, héros de la bataille de Bazeilles, près de Sedan, en 1870. Bataille de Bazeilles qui est chaque année commémorée avec tout le faste militaire qu’elle mérite.

Puisque nous faisons de l’histoire, il faut aussi mentionner l’usine à engrais qui existait tout près du Cap Bernard. Une usine malodorante, certes ! Mais une installation qui fut bien utile pour transformer en produits agricoles une matière première qui était peu ragoûtante. Mais dans ce même périmètre il y avait aussi la distillerie du Cap Bernard où se fabriquait un rhum réputé, appelé « rhum soleil »

Pour poursuivre cette évocation du passé, remontons vers la plaine de la Redoute. En passant est à signaler le petit monument du souvenir qui se trouve place Verdun à la Petite Ile. A l’instar du monument au Morts érigé en haut de l’Avenue de la Victoire, ce mémorial renferme une parcelle de terre de France recueillie sur les champs de bataille de Douaumont lors des combats de Verdun durant la guerre 14/18.

La « Petite Ile » qui fut longtemps le fief des costauds et redoutés moringueurs dont les combats ont longtemps défrayé les conversations.

Une redoute au toit pyramidal

Surplombant cette place d la « Petite Ile », une forteresse carrée, une redoute au toit pyramidal est cachée dans les tamarins qui l’environnent. Construite en 1756 par Bouvet de Loziers elle était dotée à l’origine de pièces de canons et commandait tout un quartier allant du chemin pavé qui descendait de la montagne ainsi que l’accès à la ville de saint denis par le fond de la rivière. Ses fondations, en pierres de taille, ont à leur base une épaisseur de 2,50m et un mur d’enceinte haut de 5 mètres l’entoure.

C’est ce petit fort qui a donné son nom à la grande plaine qui s’étend jusqu’aux lacets de la route de la Montagne. Une redoute appelée aussi poudrière car la poudre pur les fusils et canons de la Caserne Lambert y fut entreposée. De même vers 1767, elle servit aussi de prison pour des militaires indisciplinés et beaucoup plus tard, en 1866, ce fut le tour de plusieurs lycéens en révolte contre un proviseur particulièrement sévère, Mr Drouhet, d’y être enfermés. Des lycéens qui tirèrent quelque gloire d’avoir passé quelques jours à l’intérieur de ce qui était alors un sinistre cachot.

L’invasion anglaise

Ce fortin connut son heure de gloire les 7 et 8 Juillet 1810, lorsque les troupes anglaises envahirent l’Ile Bourbon. C’est lui qui servit d’appui et de place forte aux 300 soldats réunionnais qui combattirent les Anglais, trois fois supérieurs en nombre. L’histoire de cette bataille est inscrite dans la pierre des deux mausolées qui aujourd’hui se font face sur le promontoire qui domine le quartier du Bas de la Rivière. Le premier fut élevé par les Anglais peu après la bataille et curieusement ne signale que le nom d’un officier tué au combat : John Graham Munro, 22 ans tout en rendant hommage aux autres sans en préciser le nombre. Ce premier mausolée a longtemps occupé le centre de la plaine de la Redoute. Lorsque en 1963, celle-ci prit le relais du stade Roland Garros en devenant stade officiellement homologué pour les rencontres de football, il fut enlevé pour être replacé un peu en contrebas de celui élevé à la mémoire des combattants réunionnais. Si l’on en croit certains historiens, ce mausolée aurait été construit beaucoup plus tard, en 1860, soit 50 années après les combats et ce sur l’initiative d’un des survivants qui s’appelait Delon. Ces mêmes sources précisent qu’il aurait fallu attendre pour qu’à l’instigation de l’historien Gilles Crestien une plaque de marbre rappelant le sacrifice de ces jeunes défenseurs de l’ile y soit apposée. Parmi eux, est à retenir le nom du jeune lieutenant Patu de Rosemont à peine âgé de 20 ans. En réalité, sur la plaque de marbre qui s’y trouve on peut lire : monument érigé en 1857 par Mr Hubert Delisle, gouverneur, Mr Edouard Manès, directeur de l’Intérieur et Mr Charles Desbassyns, président du Conseil Général. Ce mausolée est plus élancé que l’autre et domine le quartier. On y accède par une rampe en pente douce, coupée de plusieurs paliers qui, il est agréable de le souligner, est tenu constamment fleuri, ce qui en fait un charmant lieu de promenade et de méditation.

Mais cette plaine de la Redoute fut aussi et très longtemps le théâtre de courses de chevaux.

Une distraction que les dyonisiens vivaient chacun à sa manière. Il y avait ceux qui possédaient des chevaux et une réelle connaissance du sport hippique. Eux se tenaient sous les tribunes officielles couvertes qui se trouvaient exactement à l’emplacement de celles encore existantes. Mais il y avait aussi une autre catégorie qui campait sous les tamariniers des rampes de la Montagne toute proche et appréciaient surtout les courses de bourriques. Des malheureux animaux que l’on bâtonnait ferme lorsque très souvent ils ne voulaient pas courir. Des animaux qui s’échappaient parfois et qu’il fallait essayer de rattraper dans les fourrés épineux qui bordaient la piste de course, laquelle faisait alors tout le tour de La Redoute.

Ces jours de courses étaient les bienvenus pour toute une ribambelle de petits vendeurs de « pistaches », mangues carottes au piment, sucreries et bonbons de toutes sortes. Il faut signaler que certains vendaient aussi de l’eau. Une eau bien utile, car il n’existait aucune fontaine dans les environs et le piment des mangues mettaient les gosiers en feu.

Il faut maintenant parler de ce qui constitue le pôle le plus important du Bas de la Rivière : l’Eglise Notre Dame de la Délivrance.

En 1857, Mgr Maupoint, 2e évêque nommé à la Réunion rejoignait son siège épiscopal à Saint Denis. Il avait pris place sur un navire à voiles bien évidemment. Au cours de la traversée une affreuse tempête se leva et le bateau menaça de sombrer. Tous les passagers sont affolés, poussent des cris et hurlements déchirants. Le prélat se met en prières et de son coeur monte un appel au secours adressé à la Vierge Marie. Il lui demande d’intervenir pour que la vie de toutes ces personnes soit épargnée. Il promet de lui élever un sanctuaire si elle les délivre de la menace qui pèse sur eux.

La tempête se calme. Aussitôt débarqué Mgr Maupoint va tenir sa promesse. Le 8 Septembre 1858, Mr Florance, trésorier du conseil de fabrique, aujourd’hui on diriat de l’association paroissiale, fait l’acquisition de 2 terrains contigus appartenant aux époux Douyère et aux consorts Leroy. En ce même endroit où se trouve l’église actuelle, il fait construire ce uqi au début ne sera qu’une modeste chapelle, avec une seule allée centrale au bout de laquelle sera installée une statue de la Vierge.

33 ans plus tard en 1891, le père Berthomieu, curé de la paroisse décide d’agrandir cette chapelle et de la transformer en une grande et belle église. Les travaux commencèrent en 1893
et durèrent 5 ans.

Le 14 Avril 1898, Mgr Fabre consacrait ce qui est devenu depuis « l’Eglise de la Délivrance » Il convient de dire que la statue qui du haut de l’église veille sur tout le quartier est celle là même qui à l’origine se trouvait au fond de la nef de la chapelle primitive.

L’intérieur fut décoré par le Père Fulbert, un spécialiste de la peinture polychrome. Parmi les prêtres qui ont officié dans cette église, il est bon de rappeler celui qui est né à Saint Denis et deviendra par la suite vicaire général de Mgr Cléret de Langavant, Mgr Mondon. Lequel, bien que décédé à Paris est enterré sous le monument qui se trouve à gauche en dehors de l’église.
Est il besoin de rappeler que La Délivrance a sa fête le 24 Septembre ?

Autre point historique à rappeler : lorsque Galliéni séjourna à la Réunion, il occupa la maison qui se trouve juste à l’angle de la petite rue qui porte son nom et la place de l’église. Il était encore, alors, lieutenant d’infanterie de marine.

Le quartier du Bas de la Rivière aujourd’hui

L’histoire n’étant qu’un perpétuel recommencement aujourd’hui le quartier du Bas de la Rivière a renoué avec ses traditions. Des entreprises de transformation s’y sont de nouveau implantées. La plus ancienne fut la SOREG, société des eaux gazeuses de la Réunion, suivie de près par « les Brasseries de Bourbon » suffisamment connue avec sa bière « dodo » pour n »avoir pas besoin d’être présentée. Dans un autre registre, la SOAR, elle, fut longtemps le seul point d’approvisionnement en fourniture de soudage telle que l’oxygène et l’acétylène. Dans le domaine commercial, on y trouve aussi des établissements prestataires de services ayant pour nom, la SOMECA, la SIPR, Rank Xerox, la Caisse de Congés Payés des ouvriers du bâtiment ainsi que le siège central de l’organisme bancaire « l’Ecureuil » à l’architecture pour le moins curieuse.

Enfin, il convient d’ajouter que ce quartier est en pleine reconstruction et que son aspect moderne n’a plus rien à voir avec les « cours des miracles » que constituaient autrefois ses nombreux « calbanons » insalubres et d’une promiscuité insoutenable.

Une réhabilitation de l’Habitat qyui a commencé il y a bien longtemps avec la livraison des premiers logements de la SIDR

A la Petite Ile justement.

Sortie animée par Mr David Huet, historien, écrivain

« DEMAY LO KER » AVEC LE POETE JEAN-CLAUDE CARPANIN MARIMOUTOU

DEMAY LO KER AVEC LE POETE JEAN-CLAUDE CARPANIN MARIMOUTOU

Vous êtes invité à la soirée littéraire démay lo kèr qui aura lieu à la médiathèque François Mitterrand, le vendredi 14 mars, à partir de 18 h ; le débat, qui animé par Anne-Gaëlle Hoarau et Jean-François Sam long, sera suivi d’un cocktail.

Né en 1956 à La Réunion, Carpanin Marimoutou appartient à cette génération d’écrivains qui seront « happés » par l’Histoire, fait partie de ces poètes qui seront pris dans la tourmente des luttes de libération qui dans les années 60-70 secouent la scène politique internationale. De retour dans l’île en 1978, après près de six années passées en France, le poète, alors étudiant militant eu sein de l’OCMLR une organisation indépendantiste, se retrouve face à une société opprimée et déshumanisée, un monde soumis à la culture de l’Autre et économiquement sous-développé… (Marie-Josée Matiti-Picard)

Louis PAYEN, 1er commandant de la colonie de Bourbon

Compte-rendu de la conférence d’Alexis Miranville
(8 novembre 2013 au lycée Louis Payen de Saint-Paul)

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LOUIS PAYEN
PREMIER COMMANDANT DE LA COLONIE DE BOURBON

À La Réunion, ce que l’on savait jusqu’ici de Louis Payen tient en peu de mots. Originaire de Vitry-le-François (dans la Marne), et présent depuis 1656 à Fort-Dauphin (Madagascar), il débarque dans la baie de Saint-Paul en novembre 1663 en compagnie d’un autre Français et de dix Malgaches (dont trois femmes). À la suite de dissensions dans le groupe, les Malgaches s’enfuient dans les Hauts.
En 1665, à l’arrivée à Bourbon des vingt premiers colons français conduits par Étienne Regnault, Payen regagne Madagascar puis repart définitivement pour la France. Dans la Manche, il est capturé et emprisonné par les Anglais. De retour à Vitry-le-François, il termine sa vie en ermite. Quant aux Malgaches venus avec lui, ils ont rejoint les colons Français de Regnault. C’est avec eux qu’a commencé le peuplement définitif de La Réunion.
Alexis Miranville tient à préciser que sa conférence n’a pas la prétention de faire toute la lumière sur le personnage de Louis Payen, d’autant plus que les documents le concernant directement ne sont pas très nombreux. Il s’agit simplement ici, à partir d’écrits anciens peu exploités à ce jour, d’apporter un éclairage nouveau sur les raisons qui l’ont poussé à venir habiter Bourbon et sur le rôle qu’il a joué au début du peuplement et de la colonisation de cette île.

La fondation de la colonie du Fort-Dauphin en 1642

À cette époque de la marine à voile, lorsque les navires venant de l’Europe entreprenaient de longs voyages, ils devaient tenir compte de la direction des vents qui, dans la région sud de l’océan Indien, soufflent généralement du sud-est vers le nord-ouest. Ainsi, après avoir contourné le cap de Bonne Espérance, pour aller à Madagascar, ils ne devaient pas s’engager dans le canal du Mozambique, d’ailleurs réputé dangereux à cause de ses courants. Ils abordaient donc la Grande Île par le Sud-Est et c’est naturellement dans cette région que les Français ont fondé l’établissement de Fort-Dauphin, en 1642. Jacques de Pronis a été le premier gouverneur de cette petite colonie. L’air n’y est pas toujours très sain pour les Européens, surtout lors des fortes chaleurs de l’été (de novembre à mars) et les fièvres ont fait mourir beaucoup de Français. Mais la région est riche en riz, en troupeaux, en immenses prairies, et proche de la forêt pour le bois de charpente et de construction. Surtout, elle comporte une rade très commode pour le mouillage et bien abritée des mauvais vents, sauf en cas d’ouragans.
Cette colonie avait été ainsi dénommée en hommage au futur roi Louis XIV, tout juste âgé de 4 ans en 1642, et parce qu’elle était protégée par une forteresse, en fait une simple enceinte palissadée, d’ailleurs plusieurs fois attaquée et détruite par les Malgaches. Lire la suite de cette entrée »

Histoires d’Amour de l’isle Bourbon

HISTOIRES d’AMOUR à l’ISLE BOURBON
avec Enis ROCKEL

1e Histoire : Jean Mousso et Marie Caze

Sur la grande ile voisine de Madagascar, et en particulier dans le comptoir de Fort Dauphin sévissent de nombreuses épidémies. 2 groupes de mutins-qui gênaient le gouverneur avaient déjà été envoyés à Bourbon – alors déserte – entre 1646 et 1654, et après y être restés trois années sont revenus en excellente forme…

En 1663, Louis Payen, un colon affable et pondéré, décide d’y partir pour tenter sa chance avec un ami Paul Cauzan et sa femme Anne ainsi qu’ une dizaine de domestiques (dont 2 petites filles Marie Caze (10 ans) et Marguerite Caze (8 ans).
Un des malgaches, Jean Mousso s’éprend de Marie Caze, s’enfuyant avec elle.
C’était le premier « marron » de Bourbon. Leur union se traduira bien vite par la naissance de la première enfant de Bourbon Anne Mousso en Août 1668
(qui se mariera d’abord à Noël Tessier (34 ans de plus) puis au portugais Domingo Ferrera (20 ans de moins))
En 1665, Etienne REGNAULT, 1er gouverneur de Bourbon part de Brest. Les affectations des futurs colons sont notées dans des enveloppes cachetées qu’on ne pourra ouvrir que sitôt le Cap de Bonne Espérance passé. Seul Etienne Régnault connaissait son affectation bourbonnaise afin d’y emmener les matériaux de base indispensables à la création de la colonie.

2e Histoire : Antoine BOUCHER et Marie TOUCHARD (fille d’Athanase)

Antoine Boucher- d’un racisme congénital (sa mère se prénommait Blanche)- s’éprend de Marie Touchard, une franco-malgache… A l’époque on ne se fréquentait pas entre races différentes-
Il garda donc son amour secret car il pensait que cela nuirait à sa réputation.
4 jours avant son départ en France pour y occuper l’emploi de gardien de l’ile de Groix, Marie accouche d’un petit bébé. Quand il revient en 1718, pour mourir en 1725- Marie est déjà remariée (les femmes étaient rares et vite convoitées à peine nubiles).

On apprendra toutefois qu’Antoine avait laissé un morceau de terre en héritage à Marie et avait laissé une certaine somme d’argent pour qu’un précepteur prenne en charge l’éducation de l’enfant.

3e histoire d’amour : Brigitte BELLON et Alexis LAURET

Brigitte Bellon (17 ans) est mariée à Pierre Folio (un ex-pirate repenti) beaucoup plus âgé mais la mauvaise entente règne dans le couple. Un jour, il disparait de la plage de St Paul. Brigitte est aussitôt accusée de l’avoir tué. Faute de preuves, on lui donne quand même une sanction, l’interdiction de mariage, tant que l’affaire ne serait pas élucidée.

Pourtant quelque temps après, elle fréquente Alexis Lauret.

A cette époque, on recherche des colons mariés pour peupler l’ile Rodrigues, ile peu prisée de nos bourbonnais.
Ils simulent d’être candidats, alors on les marie d’urgence pour leur permettre de partir…car les candidats ne sont pas très nombreux.

Quand le bateau appareille, 2 personnes manquent à l’appel : ce sont nos 2 tourtereaux. On les recherchera mais en vain…

A la mort du gouverneur en 1725, ils refont surface à St Pierre …
Il reste un vestige de leur idylle : la « pierre de l’Amiral » sur laquelle Alexis allait roucouler… (grosse pierre scellée à l’entrée de l’actuelle préfecture au Barachois.

4e histoire d’amour : Leconte de Lisle et Elixène

Le futur poète part à Paris, à peine âgé de 4 ans. Pourtant, la famille parle beaucoup de Bourbon et il est imprégné de réunionité. En 1832, âgé de 14 ans, il revient au « domaine des Oliviers » à St Gilles les Hauts. (Il est interne au Lycée de Saint-Denis et ne vient à l’Olivier qu’en fin de semaine et durant les vacances)

Il va y tomber éperdument amoureux de sa cousine Elixène de Lanux à laquelle il n’a jamais directement déclaré sa flamme. Il réussit son bac et repart en France à 17 ans.

Elixène va alors épouser Pierre Baillif avant de mourir 9 mois après, au moment d’accoucher.

5e histoire d’amour : Françoise Chatelain (grand-mère des réunionnais) et le lieutenant Jacques Lelièvre de Sauval.

Françoise connait un jeune militaire, envoyé par la marine dans l’Océan Indien.
Comme on manque de femmes à Bourbon pour y retenir les colons, on décide
de prendre 16 jeunes filles à La Salpétrière, dont Françoise Chatelain…Lors de l’escale à Fort Dauphin elle rencontre son amoureux.. Ils demandent à se marier… Une révolte éclate …ils réussissent à en échapper en s’embarquant sur « le Blanc Pignon » à destination de Bourbon.

Malheureusement, Jacques va être bientôt assassiné lors d’une descente d’esclaves marrons (nov 1678), de même que l’époux suivant, Michel Esparon. Son 3e époux décédera de maladie avant qu’elle ne rencontre le fameux Augustin Panon, menuisier et ex-charpentier de marine. Ils se marient le 17 juillet 1694 et ils ont 5 enfants. Elle accouche du dernier, Marie, le 15 août 1706, alors qu’elle âgée de 52 ans !

6e histoire d’amour :Françoise et Jean-Baptiste

18 ans après la nomination d’Athanase Touchard comme gouverneur de Bourbon arrive un colon Elie Lebreton, dont le fils Jean Baptiste se fait enrôler comme « chasseur de noirs » pour poursuivre les fugitifs dans leurs retranchements montagneux.

Du côté du tour des roches habite une très belle jeune fille, Françoise, que remarque bien naturellement Jean Baptiste. Il tente d’attirer son attention, mais dès qu’elle le voit s’approcher du « barreau », la nénène de Françoise la ramène bien vite à l’intérieur de la maison, en la réprimandant. Ils finissent pourtant par pouvoir discuter de chaque côté de la clôture « en misouk ».(en cachette)

Pour être plus tranquilles, ils décident d’un rendez vous régulier dans une pépinière de jeunes tamariniers. En témoignage de leur amour, ils nouent 2 branches de l’un des arbrisseaux.

Le curé de la paroisse, le père Jean Abot, est le seul à connaitre cet amour impossible, car, ils appartiennent à 2 niveaux sociaux qui ne se mélangent pas.

Un jour Jean Baptiste ne vient pas au RDV… Le soir elle pleure à chaudes larmes. Dans la nuit, on frappe à la porte. C’st le curé qui lui annonce que Jean Baptiste a été tué lors d’une battue à la recherche de Cimendef dans la Rivière des Galets. » Désespérée, elle s’enfuit de la maison. Tôt le matin elle s’en va vers le Bernica et y découvre le corps de son amoureux-mort. Elle soulève le linceul et embrasse son visage révélant ainsi son amour à toutes les personnes présentes.

Elle va ensuite se rendre au rocher du Bernica d’où elle va tomber dans le précipice. Suicide ?

Le curé demande à son supérieur l’autorisation de bénir les deux corps ensemble, mais celui-ci refuse en raison du suicide supposé de Françoise.

La nuit suivante Alphonse, un esclave paralytique arrive, interpelle le père témoignant que Françoise a en fait, eu un malaise. Mais son témoignage ne tient pas car il s’agit d’un esclave…Le témoignage put toutefois être accrédité par un autre, celui des époux Devaux, et ils purent être bénis ensemble.

Durant l’oraison funèbre, personne ne se rendit compte qu’ils étaient de classes sociales si différentes. Le père en profita alors pour dire qu’ils devraient tous les jours procéder comme ça.

Bien longtemps après cet épisode amoureux, les 2 tamariniers jumeaux furent le lieu de RDV incontournable de nombreux amoureux de cette ile.

Enis ROCKEL
compte rendu Patrice Louaisel

jaya, engagée indienne est arrivée…

Jaya, Engagée indienne est arrivée après mille péripéties…

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La BD sera en vente dans les ruelles derrière la Cathédrale pendant les 4 jours du festival de la BD de jeudi 1er/12 à dimanche 4/12 tous les après-midi de 14 h jusqu’à 20 h (voire 23 h samedi).

Darshan FERNANDO le dessinateur de Jaya et Sabine THIREL sommes seront sur place pour dédicacer leur ouvrage.

PL

« NAUFRAGE AU CŒUR DE LA VILLE »…de ST DENIS

En pleine ville de Saint-Denis, échouée sur une hauteur, une belle nef se déglingue, se démantibule, s’apprête à partir sur le côté de tantôt (1)… Le beau bâtiment d’autrefois gît dans un espace envahi de verdure ; sur sa poupe et sur ses flancs sa peinture, beige et ocre du temps de sa splendeur, grisaille et s’effrite…La superstructure toute envahie de carias a déjà été abattue…La carcasse, elle-même, ne tient plus que grâce à de puissants étais de bois fixés à l’intérieur comme à l’extérieur… L’effondrement est pour bientôt !….Cette ruine, c’est tout ce qui subsiste aujourd’hui de la Chapelle Saint-Thomas des Indiens, à l’angle de la rue Monseigneur de Beaumont et de la rue Montreuil.

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Jadis pourtant son intérêt architectural et historique était tel que l’on a trouvé bon, dès octobre 1998, de l’inscrire à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Dans une notice de présentation l’A.B.F. D’Oriola ne mentionnait-il pas, après avoir décrit le bâtiment, que « Saint-Thomas des Indiens est un petit édifice qui participe pleinement à la structure urbaine de la ville ancienne de Saint-Denis » ?

Cela pouvait laisser supposer que les services de l’Architecture et l’Architecte des Bâtiments de France, Jonquères d’Oriola allaient faire en sorte que le site et le bâtiment soient protégés et qu’une restauration en bonne et due forme, en partie financée par l’état, soit mise en œuvre. Or que c’est-il passé depuis douze ans ? Bien peu de choses … Certes chaque nouvelle journée du patrimoine était l’occasion d’un branle-bas médiatique : on s’intéressait alors au bâtiment et à son histoire, on déplorait vivement que rien ne fût fait, on laissait espérer une action rapide et déterminée et, une fois la journée du patrimoine passée, le soufflé retombait, l’inertie reprenait le dessus, l’oubli se faisait encore plus pesant qu’auparavant.

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Pour quelle raison laisse t-on ce bâtiment tomber en ruines ?

L’Etat a-t-il d’autres priorités ? Sans doute ! Ainsi, pour la Cathédrale et pour l’église de la Délivrance des travaux de restauration ont été réalisés ou sont en cours. Mais il est vrai qu’elles appartiennent à l’Etat pour la première et à la Commune de Saint-Denis pour l’autre, alors que Saint-Thomas n’est que propriété du Diocèse.

Est-ce uniquement une question d’argent ? Si tel était le cas, ne peut-on imaginer faire appel à d’autres contributeurs ? Car l’intérêt du projet dépasse assurément celui du seul Diocèse.

Quel projet pour Saint-Thomas ?

Peut-être n’y a-t-il pas de projet convaincant pour l’utilisation future de la chapelle? Il nous semble pourtant qu’un projet très intéressant avait vu le jour et que la chapelle après avoir été au départ conçue comme outil pour la conversion des Indiens, pouvait en ce XXIème siècle répondre à d’autres aspirations : souvent les gens qui viennent de l’extérieur s’émerveillent de la tolérance qui caractérise la société réunionnaise, ne tarissent pas d’éloges quant à la bonne entente qui règne entre nous. (Mais au fait cette tolérance ne serait-elle pas trop souvent ignorance de ce qu’est l’autre et de ses valeurs ? Ne serait-ce pas une sorte d’indifférence qui a pris le relais du mépris voire de la répression d’autrefois ?) Cette bonne entente ne devrait-elle pas plutôt reposer sur une meilleure connaissance de l’autre ? Ne devrions nous pas engager le dialogue et l’échange pour plus de compréhension mutuelle en nous débarrassant de tout prosélytisme ?

Saint-Thomas pourrait dans ce cas devenir un centre de recherche, de réflexion et de dialogue, à l’instar de ce que fait le Groupe de dialogue inter-religieux de La Réunion, en élargissant toutefois les perspectives à l’histoire, à la sociologie, à la philosophie.

Histoire de la Mission indienne et de la chapelle Saint-Thomas (2)

- 1852 Une mission des Indiens est créée sur l’impulsion de Mgr Desprez, premier évêque de Saint-Denis et le soutien financier de l’Association pour la Propagation de la Foi.

- 1855 La mission démarre réellement avec le père Laroche, jésuite parlant le tamoul. Son action durera jusqu’à son décès en 1868.

- 1860 : acquisition du terrain appartenant à la famille Vergoz

- 1860 à 1865 : construction de la chapelle Saint-Thomas des Indiens suivant les plans de Louis François Schneider.

- La mission ne rencontre pas le succès escompté : peu de baptêmes, peu de conversions. Devant l’immensité de la tâche la mission finit par se limiter aux seuls Indiens christianisés, originaires des districts catholiques de l’Inde.

- L’aide financière de L’association pour la Propagation de la Foi sera effective de 1852 à 1899.

- Jusqu’en 1900 un instituteur était encore chargé à Saint-Thomas de l’instruction d’une quarantaine de jeunes Indiens.

- En1952-1953 : La presse réunionnaise signalait que la messe y était encore célébrée le dimanche en langue tamoule.

- 1951 L’installation des sœurs de l’ordre des Réparatrices (qui ont en outre des activités comme le catéchisme et la soupe populaire) donne un nouvel élan à Saint-Thomas.

- 1970, Au départ des Sœurs la chapelle est désaffectée et servira épisodiquement comme salle de sports pour le Collège Saint-Michel ou pour des expositions temporaires.

Hindouisme et catholicisme à La Réunion

Origine géographique de la population « Tamoule » de la Réunion.

La présence d’Indiens à La Réunion remonte aux premiers temps de la colonisation (Qu’on se souvienne entre autres des 13 Indo-portugaises de Goa qui firent souche à La Réunion), mais c’est après l’abolition de l’esclavage en 1848 qu’il a été fait massivement appel à des engagés, en particulier Indiens. Alors qu’en 1848 il n’y avait que 3440 Indiens recensés sur 110.000 habitants, leur nombre atteignait en 1858 plus de 36.500 sur 167.000 habitants.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la Mission des Indiens : il s’agit de convertir les Indiens; ce n’est pas chose aisée pour de multiples raisons (dispersion des engagés sur les plantations ; un seul prêtre parlant tamoul, et surtout les Indiens n’avaient pas du tout envie de se convertir : en 1900 Mgr Fabre estime en effet que sur « 45.000 infidèles, 40.000 sont Indiens ». Claude Prudhomme (3) explique ainsi l’attachement des Indiens à leur religion : « la religion devenait pour les engagés le dernier lien avec le pays et les ancêtres et l’ultime moyen de préserver et d’affirmer leur identité ».

Le XIXème siècle consacre l’échec de la politique de conversion. Tout change à partir de 1887 lorsqu’une dépêche ministérielle impose l’application du décret de 1881 par lequel les enfants des immigrants nés dans la colonie ou qu’ils avaient amenés avec eux, reçoivent la nationalité française ; de là découlent la possibilité de travailler hors des plantations, de devenir éventuellement propriétaires. Beaucoup d’Indiens « adoptent, nous dit Cl. Prudhomme, la langue, les vêtements et les mœurs créoles » et le nombre de baptêmes augmente considérablement (4) La demande de baptême correspond assurément à une volonté de s’intégrer encore davantage à la société réunionnaise… « L’intégration n’entraîne pas cependant rupture avec la religion indienne dont de nombreux éléments sont transportés dans le catholicisme »…Mais ceci est une autre histoire !

(1) Expression créole qui signifie « mourir »

(2) Pour les caractéristiques architecturales de la chapelle Saint-Thomas : Cf. « Monuments historiques – Saint-Denis de la Réunion » ; notices de B. Leveneur ; impression Graphica ; sept.2005.

(3) « Histoire religieuse de La Réunion » de Claude Prudhomme paru en 1984 aux Editions Karthala.

(4)Alors que le XIXème siècle consacre l’échec de la politique de conversion des Indiens, les deux premières décennies du XXème verront «l’adhésion » de ceux-ci au catholicisme.

(5)La chapelle porte le nom de Saint-Thomas, l’un des douze apôtres qui aurait converti les populations indiennes du Kérala au 1er siècle de notre ère.

Article issu du site dpr974.worldpress.com avec leur aimable autorisation

la plus ancienne « route » de l’île : le « chemin CREMONT »

Jouxtant la « ravine à Jacques » et les lazarets où furent mis en quarantaine les premiers arrivants et les esclaves « importés » sur l’ile par crainte des épidémies, commence le « chemin Crémont »

LE CHEMIN CREMONT

Il aurait été construit entre 1750 et 1775 pour le transport marchand entre les 2 principales communes de l’ile : St Denis et St Paul par des ateliers d’ »esclaves à talents »
(tailleurs de pierre, maçons…). Certaines pierres auraient été ramenées du sud par les « esclaves du roi ».

Les lazarets de la Ravine à Jacques auraient servi à la fin de dispensaires pour les prostituées du Port… On distingue à l’époque de l’Esclavage : les esclaves, les travailleurs libres et les bagnards. Si la nourriture dans les lazarets était relativement copieuse (800g à 1kg de riz/jour), les conditions alimentaires se dégradaient souvent dans les plantations.

L’entretien des chemins pouvait être fait par les esclaves des propriétés.

Commentaires faits par Mr Laurent HOARAU

les KERVEGUEN, une grande famille esclavagiste du sud

Compte rendu de la sortie culturelle des « Amis de l’histoire » du 25/06/2011

animée par l’historien-guide, écrivain Enis ROCKEL sur : « la famille KERVEGUEN,

une grande famille esclavagiste du SUD »

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Enis ROCKEL, historien et guide conférencier avec le groupe

Cette rencontre s’est située dans la salle du conseil municipal de ST PIERRE où les frères KERVEGUEN se sont livrés à des débats fratricides, ainsi que dans l’estuaire de la rivière d’Abord, terrain de jeu dans la prime enfance de Gabriel Kerveguen.

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Estuaire de la rivière d’abord : terrain de jeu de Gabriel K/veguen

Elle donna lieu à une vidéo conférence captivante. Lire la suite de cette entrée »

l’activité maritime réunionnaise du XVIIe au XIXe siècle

L’activité maritime réunionnaise du XVIIe au XIXe siècle
par Olivier FONTAINE

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C’est en 1738 que Mahé de la Bourdonnais a transféré en 1738 la capitale de l’île de St Paul à St Denis. Les entrepôts de café allaient de la préfecture à l’actuel siège d’Air France.

Au niveau de St Paul, l’urbanisation a depuis détruit tout ce qui existait en front de mer-autrefois dévolu à la défense et à l’activité maritime.

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le « chateau morange  » sur la sellette

Une lourde réhabilitation du « Chateau Morange » vient d’être entreprise par la Mairie de St Denis afin de la « remettre au coeur du quartier » et de lui redonner « sa vocation d’équipement culturel »

Un peu d’histoire

De style néo-classique, comme le Musée Léon Dierx, Le Château Morange a été construit par Jean Baptiste Prosper Morange au milieu du XIXe siècle. Au départ le terrain était de 15 ha en périphérie de la ville. Au fur et à mesure des successions, il est tombé à 7 ha.

Constitué de plusieurs corps avec portique à colonnade formant varangue, les bâtiments sont en lave, brique, enduit et moellon devant, en bois derrière avec couverture métallique.

Entre 1926 et 1929, il a servi de résidence forcée au raïs marocain Ab Del Krim, lors de son exil réunionnais par les aurorités françaises lors de la guerre du Rif.

Devenu MJC après son achat part la ville à la famille Nas de Tourris en 1966, ce site a accueilli de nombreuses représentations cinématographiques, des festivals, des rencontres sportives (Hand et basket notamment)

Il héberge de nombreuses associations et propose des
animations culturelles et sportives.

Le projet de rénovation prévoit d’agrandir les salles de chant, danse ainsi que la salle de spectacle qui passerait de 106 à 118 sièges, de créer une salle d’arts plastiques et une salle et un studio de musique.

PL

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